Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /Jan /2008 08:04
Very interesting indeed...
 
J'ai un peu réfléchi.
 
Il me semble voir un clivage assez éloigné en fait des questions de l'art sur lesquelles en fait nous ne sommes pas loin d'être d'accord.
 
Je suis aussi d'accord pour critiquer l'utilitarisme civilisationnel mais en fait parce que je critique tout simplement le matérialisme sous-jacent à cette vision. En fait je vais jusqu'à douter de la mécanique évolutionniste, non dans sa réalité la plus pratique, mais dans son caractère explicatif au sujet de l'homme.
 
Je sais que Platon n'a pas forcément bonne presse chez toi ou Chantal mais je comprends de mieux en mieux son propos sur le monde des idées. En fait, quand je m'arrête et que je m'écoute penser, je sens bien que j'écoute quelque chose d'immatériel. Quand je dis "Je", je sais que je ne parle pas de mon corps. Quand bien même ce "Je" est impossible sans mon corps, je sens bien que quelque chose dans sa nature n'a rien à voir avec mon corps ou même avec le monde matériel, qu'il y a une sorte de rupture.
 
Cette rupture a donné naissance à une immense activité humaine, que l'on parle des religions ou des mouvements matérialistes,  de la philosophie, ...
 
Et c'est là où j'achope avec toute explication basée sur un tatonnement quasi-statistique, aléatoire et marqué par un Darwinisme plus ou moins radical.
 
Je comprends mal la pensée. Et à partir de cette brêche, il y a beaucoup de choses que je comprends mal. Mais sans bien comprendre une chose me paraît claire : je ne vois pas la pensée comme un prolongement logique des agitations aléatoires et statistiques de molécules dans un plasma favorable. Je suis prêt à accepter que mon corps soit complètement le résultat d'une telle agitation mais je sens que cela ne veut rien dire pour ce qui est de mon esprit.
 
En gros, je n'ai pas besoin de penser pour exister. Aucun mécanisme aussi sophistiqué soit il n'a besoin de pensée. Car un mécanisme est un mécanisme. La pensée telle que je la ressens est une sorte d'incongruité dans un univers déterministe. Pour essayer d'expliquer je peux me référer à Lavoisier : rien n'apparaît, rien ne disparaît, tout se transforme.
C'est une chose parfaitement acceptable dans le monde physique. Même nos organismes évolués sont à base de carbone. D'une certaine façon, notre corps existait déjà avant l'apparition de la vie.
 
Mais existait-il de la pensée avant l'apparition de la vie ? La question m'échappe au point de paraître insensée.
 
Pour essayer de faire le pont avec ton propos. Je dirais que l'essence de l'homme nous échappe. Parce que nous essayons de nous regarder nous même et qu'il y a une sorte de problème d'intérieur/extérieur.
 
Alors, oui l'instinct, la libido, l'intellectualité sont des forces/concepts opérants pour décrire l'homme. Mais ils ne sont pas indépendants comme tu dis et un autre jeu de concepts pourrait peut-être être tout aussi opérant. Je ne veux pas ergoter sur le terme d'art parce que je pense que nous sommes plus ou moins d'accord. Mais en ce que l'activité artistique découle d'une inclination de l'esprit, je crois qu'elle nous échappe un peu à la fois dans ses motivations profondes et dans sa déclinaison concrete dans le Monde.
 
En ce sens, je crois que toute explication définitive de l'art est fausse si elle n'intègre pas un rapport avec l'inconnu que nous représentons pour nous même. Au fond l'homme est habité par une faille, une scission entre un esprit qui peut représenter toutes sortes de réalités sans les connaître vraiment et un corps qui peut connaître mais ne peut connaître qu'une seule réalité. Les deux sont intimement liés sans pour autant se comprendre. Je ne comprends pas mon corps car si je le comprenais totalement, je pourrais controler mon esprit. Et donc mon esprit pourrait se controler lui même. Il y a là comme un paradoxe. Je pense que cette faille a un rôle essentiel dans l'art. D'où le lien avec la capacité de représentation et consorts...
 
Et cette faille est pour moi un principe fondateur plus ancien que l'instinct, l'intellectualité ou la libido. Un principe fondateur surgi directement du néant. Cette parenté intime avec le néant conditionne selon moi en grande partie les activités humaines...
 
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 22:39
Certes en démultipliant les sources de cette libido, je floutise mais contrairement à ton dessein divin je ne dématérialise pas !
 
Et puis le piege de mots... il a quoi donc de si clair ce "desir sexuel"... le desir de désirer... le desir de penetre ou de se faire sucer... le desir d'etre caressé... ou d'un corps brulant contre le tien... le desir de dominer par la possession... le desir de la "possession sentimentale"... le desir d'ejaculer... le desir de posséder où ejaculer... le desir d'etre le pere... le desir d'etre sur d'etre le pere... le desir d'assurer l'avenir de la progéniture... etc...
 
Evidemment la science n'est pas à l'aube de défloutiser mon approche globale... mais elle tente déjà d'aborder la question sous un angle evolutionniste ou statistique (pour compenser une variabilité entre individus qui peut aller jusqu'à la contradiction des hypotheses générales)...
 
Ceci dit coté psychanalyse, les dernieres decennies ont été passé à defloutiser voire de-filoutiser le Freudisme... et au vu des dernieres batailles de clocher c'est pas gagné ^^
 
Enraciner l'homme dans une idée... c'est justement le défaut historique de la plupart des visions de l'etre humain... l'utilitarisme civilisationnel des philosophies ! Passer par dessus une simple mise à plat evolutionniste qui pratique la survie par tatonnement et déterminisme flou... Justement la seule réponse que j'apporte à la question de la cause c'est : "à defaut de mieux et dans les limites du hasard sous contrainte qui regit le bricolage du vivant"...
 
C'est ce concept meme de bricolage qui autorise les exceptions à la regle majoritaire ou une elasticité individuelle par rapport aux affects voire aux processus biologiques... Apres tout il y a bien des gens immune à certaines maladies... pourquoi trouverait on ça moins bizarre que de déprimer ou non à l'annonce d'un cancer...
 
C'est comme cette essai ethnologique qui presente une théorie sur "pourquoi l'idée de dieu est crédible et facilement transmissible pour l'esprit humain"... mais qui renonce à expliquer pourquoi un individu croit ou non en des concepts religieux...
 
Ce genre de reflexion ne restreint pas la liberté obsevée de chaque destinée à etre dans ou completement hors du cadre... mais tout comme la psychanalyse et ses developpements, s'applique avec succes à la modelisation d'un grand nombre...
 
Disons que je verrais l'instinct comme une canalisation atavique du plaisir... et l'intellectualité comme une capacité atavique à décanaliser... cette capacité étant elle meme un instinct
 
Et je ne vois PAS le plaisir comme une cause... la cause c'est le processus evolutionniste qui a franchi l'epreuve du temps et du monde en transmettant un héritage génétique... le plaisir est le capital-gouvernail, individualisé (dans un mesure peu déterminable), mis à diposition à la naissance en chacun de nous... et qui par experience et sublimation mue avec nos années d'existence...
 
Pour recentrer autour de l'art... notre instinct nous dicte d'intellectualiser... notre instinct nous dicte aussi de partager avec des congéneres certains fruits de cette intellectualisation... mais ce second point est presque accessoire par rapport à la conclusion qui est :
 
Il est "convaincant" de penser que les communautés qui ont mis au point un systeme d'attractivité autour de certains fruits de cette intellectualisation (ma definition de l'Art) ont mieux réussi que les autres... voire meme avec les millénaire à representer l'espece unique (*) de communauté à la surface de cette planete
 
(*) je rapelle que finalement ma définition ne pose PAS de frontiere de nature entre Art et Religion

A la volée, je dirais que je vois l'Etre comme une série (au sens mathématique) temporelle de matrices ... à une date T, nous sommes une matrice issue de la matrice précédente et de son interaction avec la réalité (ou notre perception de la réalité si tu preferes)...la libido, l'instinct l'intellectualité (3 termes eux meme non indépendants) sont des éléments de cette matrice..l'Etre c'est l'espace multidimensionnel et inexplorable solutionnant cette matrice...

Pour équilibrer ma réprésentation tripartite... il faudrait remplacer libido par instinct de libidination et intellectualité par instinct d'intellectualisation... en fait là tout de suite, je ne sais ce que serait le 3eme instinct... mais je vais y reflechir ^^... soit une instance de regulation entre les 2 autres... soit j'en reste à 2 avec un systeme d'interaction et de vases communiquants...
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 22:35
Pour en revenir à un sujet plus sérieux, je pense justement que l'excès de matérialisme tue le matérialisme. En faisant la somme de toutes les potentielles glandes responsables de tous les plaisirs possibles tu fais une inférence qui tend à vider ton assertion de sa substance.
 
Freud présente des glandes précises. Il dit voilà : le plaisir c'est ça et tout découle de là. On achète ou pas mais c'est précis.
 
Dans ton cas, tu postules sur des glandes non définies appliquées à des plaisirs plus ou moins définis. Si moi je dis que l'homme est heureux d'être parce qu'en étant il acccomplit le dessein divin, tu n'es pas tellement plus concret que moi. Le problème du matérialisme est justement d'enfermer la réalité dans des limites précises et tangibles. Plus tu vas flouiser ces limites moins tu seras matérialiste. Parce que la question n'est pas de savoir si il se passe quelque chose dans mes organes et autres glandes quand je ressens du plaisir. C'est probablement vrai qu'il se passe quelque chose quelque part. La vraie question porte sur la nature de ce plaisir (cause ? conséquence ?)
 
Quand tu dis, le plaisir comme indicateur du fonctionnement satisfaisant des organes, why not ? Mais alors pourquoi le plaisir peut-il naitre de la souffrance, de la mort, de multitudes de choses antagonistes ou ressemblantes ? Et à l'opposé, les organes ne fonctionnent t'ils pas toujours bien d'une certaine façon ? Même quand ils fonctionnent mal. Ou encore ne puis je me sentir bien alors que je suis (sans le savoir ou en le sachant) atteint d'un cancer en phase terminale ? Comment mes organes peuvent ils ignorer qu'ils sont en train de pourrir ? ou comment puis-je si je le sais m'affranchir de cette idée ? 
 
Disons que je suis d'accord en gros avec l'idée d'une sorte de plaisir à être. Mais je suis beaucoup moins clair sur le sens de ce plaisir et sur ses implications. La capacité de l'esprit à tout reconsidérer, représenter, fait vaciller la logique unidirectionnelle de ta libido. Je ne crois pas l'homme soumis à un axe absolu quelqu'il soit. Ce qui veut dire que le plaisir peut être une conséquence autant qu'un moteur. En gros que le plaisir ou la libido n'est pas le principe absolu que tu dessines. Et que ce plaisir à être n'est pas forcément une explication.  
 
En avançant un peu (mais il me faut réfléchir plus), je dirais par exemple que l'instinct n'est pas projetable sur l'axe de la libido. Et d'une certaine façon la rationalité non plus. L'instinct parce qu'il précède au plaisir (pour moi), la rationalité parce qu'elle définit un jeu de règles sans liens véritables avec le plaisir. Tu me diras la recherche de rationalité même est mue par la libido. Mais je doute.
 
Soyons clairs, je ne dis pas le plaisir n'existe pas en tant que tel, je dis qu'il n'est pas forcément cause. Or la libido dont tu parles est d'abord le plaisir comme cause, comme force active et justifiante.
 
Notre opposition est là : pour moi ce que j'appelle la capacité brute de représentation de l'homme (son appétence à l'art) est une donnée. Et l'homme a un certain plaisir ou désir (je ne suis plus très clair) à manifester cette faculté qui après maintes circonvolutions deviendra l'art. Je suis ok sur l'idée qu'au fond l'intentionnalité n'est pas nécessaire, il s'agit d'abord d'un jeu solitaire. Mais le plaisir que j'évoque est consubstanciel à l'existence même. Il va avec l'existence. Je ne saurais le décliner sur les glandes qui sont déjà des macrosystèmes. L'homme est une chose particulière qui existe. Et s'il existe c'est bien qu'il fait tout un tas de choses qu'il peut faire. Sans évoquer aucun principe particulier, je dirais qu'il faut bien qu'il fasse quelque chose et quelque chose qu'il peut faire puisque l'inverse est impossible. 
 
C'est pourquoi le positionnement de Freud est essentiel : en identifiant un facteur unique, il enracine l'homme. Il ne permet pas la confusion entre l'homme comme être et les principes à la source de cet être. Je ne suis pas forcément d'accord avec Freud mais je sais me positionner par rapport à lui.
 
Avec ta vision je suis moins à l'aise car je ne sens pas l'écart entre l'être et ta libido. J'ai le sentiment qu'on me roule dans la farine en me disant en gros que si une chose est là c'est forcément qu'on l'y a mise.  
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 22:33
Nope... je ne parle pas de sur-principe... mais d'additions de plaisirs... voire d'additions de déclencheurs de plaisirs.... parce qu'apres tout il y a un nombre fini de molécules et de glandes endocrines qui peuvent etre à l'origine d'une sensation de plaisirs... et diamétralement de douleurs.
 
Ma libido est la résultante de la somme de ces glandes et de leur actions...
 
La fonction finit par engendrer l'organe... et ces glandes "signalent" le fonctionnement satisfaisant des autre organes... Voilà MA libido... prioritarisée par des millénaires d'évolution et un sens des opportunités à l'aune de l'experience et de la culture... qui fait qu'entre tirer une minette et faire un jogging, la réponse masculine va majoritairement à la premiere option ^^
 
En fait je suis plus matérialiste que Freud... je propose une économie globale, pondérations des économies de spermes, sueurs, salives et jus de cervelle...
 
Il ne faut pas oublier que Freud a proposé un modele psychique en grande partie détaché de son support physique... d'où l'opposition entre psychanalyse et psychiatrie... et d'où sans doute son choix de la primauté de la pulsion sexuelle au regard des contraintes sociales de ces patients : si en plus de baiser à tout va, on les empechait aussi de se déplacer, la pulsion de la marche retrouverait peut-etre ses lettres de noblesse psychanalytique...
 
Sans compter... les accusations convaincantes de mysoginie ou de sexisme adressées au Freudisme qui laissent planer de fort soupçons de simplification opératoire opportuniste.
 
Disons que dans le lot, ta faculté artistique brute serait quasi-superposé avec une pulsion d'exercice de l'intellect... le cerveau etant un organe comme un autre...  pulsion, voire mécanique nodale de la sublimation.... Parce qu'apres tout, ma definition de l'intelligence comme "outil de simulation" est en déversoire direct avec l'appétence de représentation... qui devient art, une fois extériorisée ET adoptée par autrui.
 
Bien sur on peut toujours descendre au niveau du Gene Egoiste (cf le livre de Dawkins que je n'arrete pas de conseiller de la premiere à la derniere page et pas en reader digest)... qui remet la fonction de reproduction à la source de tout... dans un contexte pré-plaisir... pré-intelligence... pré-conscience... mais en meme temps proposant quelques mécaniques causales judicieuses allant du gene à certains aspects sociaux et psychiques...
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 21:54
Il y a peut-être derrière une apparente convergence une divergence radicale entre ta libido et la pulsion sexuelle.
 
Au fond le propos de Freud c'est exactement de dire qu'il n'y a pas de libido au sens où tu l'entends et que tout (sinon tout du moins ce qui nous intéresse ici) découle du plaisir sexuel.
 
S'il existe comme tu dis un principe général de plaisir supérieur au plaisir sexuel dans lequel ce dernier ne fait que s'insérer ben c'est presque l'opposé.
 
Je serais personnellement plus enclin à adopter ton point de vue. Mais alors comme tu dis cela revient à introduire un plaisir d'être qui entraîne un plaisir à exercer ses modalités d'existence. Et cette faculté artistique brute dont je parlais serait juste l'exercice d'une modalité d'existence comme courrir, nager, danser ou réfléchir.
 
Ce principe de libido semble quasiment immatériel par ailleurs par rapport au désir sexuel car englobant toute une palette de connections avec le réel. Le plaisir d'être en effet semble échapper à la matérialité du frottement, des hormones, de l'éjaculation...Freud est matérialiste en ce qu'il fait découler l'activité artistique d'une économie de "sperme" (je caricature mais à peine). Ton principe de libido au contraire nous restaure dans un sur-principe qui se situerait potentiellement au delà du corps...
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 21:53
Si c'est aussi une question philosophique, je ne l'ai jamais croisé en tant que telle... la philosophie me semble-t-il évite le probleme de la morcellisation physiologique qui pourrait affecter la raison pure... mais bon je m'avance beaucoup vu mon peu de lectures...ou alors les auteurs en question sont autant philosophes que ethnologue ou neuro-psychologues...
 
Donc si on reste sur un plan physiologique... ma definition serait inverse : le plaisir sexuel n'est qu'une composante d'un capital plaisir global que j'appelle "libido" !
 
Le fait que cette libido inclue des plaisirs aussi anecdotique que ceux de marcher, entendre, etc... est sous-tendue par l'idée qu'avant de poursuivre l'objectif à moyen terme de se reproduire un organisme vivant est déjà en soi "content" d'etre en vie...
 
d'etre en vie... d'etre en bonne santé... de ne pas souffrir... cela pose meme la libido comme un iceberg dont la partie immergée serait la douleur d'une inadéquation pshysiologique à l'environnement...
 
A partir de là, le travail de la nature, dès la naissance, c'est de peu à peu redistribuer les pondérations de sources de plaisir entre fonctions physiologiques (exemple la puberté) mais aussi dans de nouveaux territoires d'intellectualités... et c'est que j'appelle la/les sublimations...
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 21:51
je pige...
 
Pour l'instant rien à redire...possible que je sois à 100% d'accord...possible qu'il me reste un doute.
 
Faut que je réflechisse :) mais je suis d'accord que l'intentionnalité est un maillon fragile parce que plus lié à la diffusion de mon plaisir lorsque j'exerce ma faculté qu'à la faculté elle-même qui peut s'en éloigner.
 
Pour l'instant, je suis d'accord. Ceci dit c'est une autre question que de dire que la racine de ce plaisir est de nature sexuelle. Tout plaisir est-il sexuel ? Le plaisir de marcher, de nager, de voir, d'entendre, de comprendre ? sont ils une sorte de détournement du plaisir sexuel ou sont ils autre chose ? Je ne sais même pas s'il s'agit d'une question philosophique ou purement physiologique d'ailleurs. C'est un point important...
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 21:48
Pour partir du commun, je dirais que je n'ai pas une virgule à changer des 4 derniers paragraphes : "Pour revenir à notre question sur l'art vs le discours sur l'art...etc
 
Mais il y a un noeud juste avant, sur l'idée d'intentionnalité... sur la "representation voulue"... sur "chez le spectateur l'intuition ou la connaissance d'un désir de représentation dans la création"...
 
Nul doute que cette intentionnalité est necessaire à l'art communiqué ou speudo-communiqué (comme dans le cas de Dieu et de la nature)... mais j'ai l'intime sensation que le perimetre ainsi défini n'est qu'une portion de ce qui se cache derriere "L'appétence à l'art en lui même étant une sorte de faculté brute"...
 
Ce que je veux dire, c'est que je porte en moi une fascination/plaisir pour l'idée de meme de chaos et l'expression masquée ou non de ce chaos dans ma perception du monde, voire de moi meme... ce chaos est la negation meme de tout intentionnalité... et ma fascination alimente un plaisir de contemplation devant des scenes détachés à mon sens de toute intentionalité...à la réprésentation voulue, je rajoute l'accidentilisation perceptuelle... où un accident serait un evenement présentant des degré de libertés surprenant avec mes routines de prévisions
 
Je ne ressens aucune distinction entre ces plaisirs là et ceux éprouvés devant des scenes d'intentionnalité... c'est pour ça que je parlerais plutot d'appetence tout court, de faculté brute qui sous certaines conditions s'exteriorisent dans l'art... ou j'aime mieux ta propre expression de "jeu de re-création du monde"... Ce jeu intime peut etre absolument solipsiste, et ce n'est que sa partie communiquable et ordonnable, traduisible dans une intentionnalité, qui peut devenir art !
 
Evidemment on pourrait toujours arguer qu'on pourrait retrouver une intentionnalité en disséquant l'inconscient de ma relation au monde et à l'idée de chaos.. mais on peut faire aussi cet exercice devant un morceau d'art intentionel... cela revient juste à re-faire de moi l'auteur omnipotent de toute intentionnalité, simplement aux aguets des conditions propices pour me persuader d'un intentionnalité extérieure... apres tout entre un néophyte, un amateur éclairé ou un spécialiste, il y a ré-écritures d'intentionnalité devant le meme tableau.
 
C'est en ce sens que je me maintiens dans une perspective ou l'art n'est que social... ou dit différement qu'utiliser le mot "art' pour cette appétence intime est comme un assujetissement de l'individu à la communauté...ou sinon il faudrait un corpus socio-culturel disposé à honorer d'invisibles "arts d'etre" !
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 21:45
Sinon j'ai réfléchi à notre discussion de la dernière fois.
 
Il me semble qu'il y a une imprécision dans notre échange (au moins) liée justement à un manque de distingo entre l'être artistique et l'être.
 
La question de ce qui fait l'art, notre question de départ n'a pas été complètement adressée en tant que telle ou plutôt a été immergée dans une discussion plus large.
 
Notre débat a tourné autour d'une des fonctions de l'art (ou selon les avis de la fonction de l'art) mais revenir à la source de l'être artistique et de ce qui le caractérise me semble essentiel. En effet, certains points de notre opposition "discours sur l'art / fonction de l'art" vs "être intrinsèque de l'art" n'étaient pas liées spécifiquement à l'art me semble t'il mais relevaient d'une opposition entre être et discours sur l'être. 
 
La question de ce qui caractériste l'oeuvre d'art est en fait probablement la question clé pour arbitrer notre différend.
 
Après quelques réflexions, il me semble qu'une réponse acceptable pourrait être que l'art est une représentation de l'être. L'object artistique en ce sens n'est pas simplement ce qu'il est (ex un tableau n'est pas qu'un tableau mais la représentation d'une scène pastorale). Cette dimension de représentation n'est pas une fonction de l'objet artistique mais une caractéristique fondamentale de cet objet. Deux choses compliquent la donne :
    1/ l'homme n'est pas en contact de l'être réel mais par le biais de ses sens et de sa conscience en contact avec des représentations de l'être d'où la question : tout est-il art ? puisque tout est représentation
    2/ l'objet réel (une chaise par exemple) peut-il être considéré comme une représentation de lui-même, bref puis-je faire une chaise artistique ?
 
La réponse à ces deux questions me paraît claire : pour qu'il y ait art il faut qu'il y ait chez le spectateur l'intuition ou la connaissance d'un désir de représentation dans la création de l'objet artistique. Parfois cette intention est évidente (lorsqu'il y a un peintre, une peinture, un marché de l'art....) mais cette intention peut n'être que supposée (par exemple lorsque l'on voit le monde comme l'oeuvre de Dieu).
 
En fait, donc la différence entre oeuvre d'art et être réel n'est pas une différence entre représentation et réalité (puisque l'homme n'a pas accès à la réalité) mais une différence entre une représentation voulue et une représentation par défaut. la première se distinguant volontairement de l'être réel, la seconde cherchant au contraire à connaître au mieux l'être réel.
 
Pour revenir à notre question sur l'art vs le discours sur l'art ou la fonction sociale de l'art, il y a là une réponse. L'art supposant une volonté extérieure au spectateur a besoin (comme tu le disais) d'une société même théorique (celle que l'on compose avec Dieu). Cependant cette faculté de conceptualiser l'être et sa représentation étant en tout homme, la dimension artistique est bien plus qu'un artefact social auquel sont attachées des utilités précises. L'art naît dans notre capacité à voir un dessin en 2 D sur 1 mur de grotte et à comprendre que ce dessin représente (pour son créateur et par empathie pour le spectateur) une chasse par essence dynamique en 3 D avec des odeurs et du risque. Bref quelque chose de complètement différent de ce qu'est ce dessin d'un point de vue matériel. Et cette perception de la dualité entre l'être réel de ce dessin et l'être artistique de ce dessin qui touche son optimum de subtilité quand ces deux êtres sont presque confondus (exemple de la chaise réelle et artistique), cette perception est la racine de l'art, sa substance même.
 
Les fonctions sociales de l'art me semblent donc plutôt relever d'une manipulation de la faculté artistique fondamentale de l'homme par le groupe pour établir des constructions politiques au sens large. L'appétence à l'art en lui même étant une sorte de faculté brute (au même titre que la capacité de courrir, sauter, nager...).  Cette dimension quasi sportive de l'art se manifeste notamment lorsque je vois un dessin ou que j'écoute de la musique. Combien j'aimerais être capable de faire ce dessin, de jouer ce morceau. Non en raison du discours ou de la fonction sociale de cette oeuvre mais parce qu'elle fait écho à une capacité que j'ai et que j'exploite peu. la même émotion qui se produit lorsque je vois un super geste de foot.     
 
Ceci apporte aussi une réponse à une autre question : le lien entre l'art et le beau. L'art n'a pas besoin d'être beau car l'art génère un plaisir distinct de la beauté qui est celui de l'exercice d'une faculté propre à l'homme. Le plaisir généré par l'harmonie du beau peut s'y ajouter mais ce n'est pas nécessaire. La politique joue à plein dans cette surqualification de l'oeuvre d'art qui, au-delà du lien empathique entre spectateur et auteur, qui est comme tout lien empathique un lien entre le spectateur et lui-même, ajoute une qualification sociale, un discours plus ou moins lié à l'art véritable. Au fond pour moi les choses sont extrêmement distinctes. La société dans sa dimension politique sait tout l'enjeu qu'il y a à maitriser les représentations qui sont la substance même de notre réalité. Elle ne peut maitriser la représentation par défaut mais il y a autour de la représentation alternative un enjeu de pouvoir évident. Justement en raison de la parenté des deux choses. L'ambiguité constante entre le monde comme représentation et le monde en soi, la capacité sous-jacente de l'homme à créer plus ou moins son monde, l'art comme jeu de re-création du monde...tout cela intéresse le pouvoir qui sent bien qu'il y a par une sorte de jeu de vases communiquants la possibilité de reprendre pied sur la réalité en soi en passant par la réalité re-créée. 
 
Bref, pour moi ce qui nous horripile dans l'art n'a rien à voir avec l'art véritable mais bien avec le savoir que nous avons de la manipulation politique de la capacité artistique pour nous contraindre au plus intime.... 
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Mardi 1 janvier 2008 2 01 /01 /Jan /2008 14:30
Y : ... le pb c'est que l'art commence à m'indisposer dans quasiment toutes ses formes

X : Ouais moi aussi je ne suis pas très art....Enfin à petites doses... once in a while, why not ? mais je trouve de plus en plus qu'il y a de l'arnaque dans la démarche artistique

Y : en fait je me rends compte que j'ai bloqué sur une compréhension démythifiante de l'art...

X : je reconnais le talent... je veux dire il y a des mecs qui font des choses très difficiles

Y : il n'y a pas d'arnaque... enfin pas au premier degré... c'est plus la relation de l'humanite et de l'art qui est un mythe en soi

X : comme peindre, dessiner, jouer d'un instrument de musique et produire des sons surprenants.....Mais c'est des trucs matériel, je veux dire une performance... rien de plus

Y : au niveau individuel, ceux qui y croient... meme mauvais... c'est juste vital pour eux... un peu comme les accrocs aux poker ^^

X : même si c'est très cool

Y : c'est tres cool... quand ca fait rever/reflechir... quand ca surprend

X : exactement mais ce que je veux dire c'est que le côté cool du truc ne renvoie à rien de spécial du coté du créateur, si ce n'est à son aptitude matérielle à faire des choses...rien à voir avec une densité d'âme une compréhension supérieure ou une intuition particulière

Y : mais l'essence du truc à l'echelle communautaire : c'est que c'est un rituel de rassemblement... rien d'autre

X : je ne sais pas pour le rassemblement : maybe c'est juste un truc entre l'oreille et le cerveau

Y : nope pas de densité... le createur est plus "elu" qu'instigateur d'une intuition

X : yes élu exactement... élu et pas instigateur

Y : oh ca repose aussi sur des mecanisme biologique... entre autre pour la musique... sur une exploration du monde... pour les histoires, ciné, roman etc...

X : c'est juste un veinard... ça explique pourquoi un génie artistique peut être un gros connard

Y : mais la fonction artistique dans une communauté est de rassembler la psyché des individus... c'est de la religion "secularisée"

X : ya mais je crois que la fonction n'est qu'une partie de l'explication de l'être artistique... l'art n'existe pas uniquement en raison de sa fonction sociale

Y : il y a une sorte de sacralisation de l'espace des oeuvres... pour rassembler des esthétiques individuelles qui divergeraientt sans ces points de gravités

X : en fait on pourrait même penser que la société assimile certaines choses et leur attribue une fonction... autant que la fonction de ces choses contribue à la société

Y : y a toujours un mélange individu/groupe... il y a la graine d'une esthétique en chacun... mais c'est le fait d'etre "animal social" qui a amené le groupe à un jour parler d'art

X : yes en ce sens je suis d'accord. disons que l'art en tant que notion est sociale... mais l'art en tant que production est plus que sociale... mais existe t'il une production artistique indépendante de la notion sociale d'art ?

Y : nope

X : une oeuvre absolue ?

Y : nope

X : C'est à voir
X : Une nuit de pleine lune sur une plage... l'oeuvre de Dieu... avec un petit canon aux fesses soyeuses^^... Il y a une oeuvre initiale absolue... le Monde...la beauté du Monde est l'oeuvre initiale dont découle toutes les autres

Y : nope... le plaisir d'etre sur cette plage existe... mais des qu'il est formulé meme silencieusement on se retrouve dans un discours qu'on voudrait partager... c'est l'animal social qui exprime sa soif d'agreger les autres autour de son plaisir

X : hypothèse ....juste

Y : c'est la petite graine de l'art... cette soif

X : partage ?
X : La volonté de partager est une chose
X : je suis d'accord

Y : .. ou répandre.. ou rassembler

X : mais la réalité du partage en est une autre... ce que je veux dire, c'est que l'émotion du canon aux fesses soyeuses indépendamment de mon discours, silencieux ou non, est un fait... cette émotion primale transcende ma propre volonté

Y : oui mais c'est un plaisir, ou plutot un prolongement du plaisir sexuel... mais des que tu utilises ton expresion... tu en fait un discours.. que tu invites à voir...

X : yes mais l'invitation ne crée pas le plaisir

Y : meme seul tu fictivise une assemblée de tes autres commentaires sur les fesses soyeuses

X : je ne peux pas inventer l'art pas complètement

Y : tu parles de l'art des fesses soyeuses

X : il y a une petite chose qui m'échappe... mon discours n'est pas tout... il y a une oeuvre initiale que je n'ai pas choisi de faire partager mais qui m'a été donné en partage

Y : nope... mais ton discours parce qu'il n'est plus dissociable de l'idée de communication te réintegre dans le groupe... l'ennui c'est qu'on a jamais pu communiquer avec un étre qui n'aurait jamais connu un autre ^^... en parlant on montre

X : il y a sans doute une sorte de dualité... je veux dire que l'art est discours

Y : yep

X : mais que le discours de l'art a besoin d'autre chose... dès que tu nommes cette autre chose... elle devient discours de l'art... mais il reste autre chose

Y : oui... il y a besoin d'une sublimation... qui peut etre atavique... mais qui est aussi socialisée... l'un n'empeche pas l'autre... c'est pour ça qu'on pourrait dire que l'art ne repose pas sur rien

X : un noyau indicible qui fait que la beauté s'impose à moi quelque part au milieu de toutes les conventions et de tous les discours

Y : ... mais le domaine artistique, la notion meme est l'expression de l'animal social en nous... de cet instinct de cooperation

X : certes mais dans quelle mesure le discours sur l'art est il plus épais que le noyau ?

Y : bien sur... comme le plaisir s'impose à toi en plein éjaculation... c'est le deplacement de la libido qui fait la grandeur de l'Humanité

X : d'accord sur la libido

Y : c'est ce déplacement qui fait son epaisseur... ce déplacement est une capacité noble... le propre de l'homme ^^

X : yes

Y : l'art du rire ^^

X : à 100% d'accord

X : c'est assez étrange d'ailleurs de penser que c'est par ce qu'il y a d'apparemment le plus proche de l'animal (le système reproducteur)... que nous nous en éloignons le plus justement parce que ce n'est plus un système reproducteur mais un système producteur de toute une quantité de choses extrêmement éloignées de la sexualité parfois

Y : la libido est plus vaste que ça... le plaisir de la bonne température... du contact agréable... etc... la libido signale l'adéquation du monde avec nos désirs/besoins... l'impératif de survie/reproduction qui induit le désir sexuel est une part seulement de tout ça

X : peut-être au fond n'y a t'il que deux dimensions au monde... le plaisir et la logique

Y : mmmm... le plaisir/libido... a cultivé chez nous une fonction cognitive à son service... nous étant l'Homme

X : de la logique découlerait la rationalité, le mécanisme, l'adéquation ....du plaisir la distorsion, la volonté, l'énergie... Peut-être est-ce pour cela que nous faisons des hypothèses absurdes

Y : ... ce qui ne sont que des outils de simulation du monde... pour l'organisme puisse faire les choix optimum quant à son appétit de plaisir

X : si tu veux dire que la logique est assujettie au principe de plaisir je ne crois pas

Y : pas assujeti... au service

X : je crois que la logique s'impose à nous au même titre que le reste... par le truchement du corps et de la matière
X : certes nous utilisons la logique

Y : la civilisation nous a appris à chercher des solutions meme absurdes

X : mais nous ne pouvons vraiment la remettre en question... Nous sommes cablés logiquement

Y : de meme elle nous a appris marier ces absurdité avec la causalité mécanique du monde qu'on pourrait considérer que la source premiere de tout logique... mais dans de nombreux domaines de maitrise/simulation la simple affirmation A différent de non A n'est pas optimale

X : Et il nous faut un outil spécial (l'imagination ???) pour remettre en question des infimes parcelles de cet édifice logique

Y : ça c'est l'intelligenre... pourvoir porter dans cette pensée une image des choses... en déduire le non A... et jouer de tous ces A et non A pour trouver un optimum libidinien ^^

X : Mais l'intelligence est un principe de second niveau je pense... au premier niveau je mettrais la logique et la libido.. et ensuite seulement l'intelligence... sachant que la logique n'est pas qu'humaine.. ni la libido

Y : j'ai toujours été circonspect avec l'idée de logique

X : le mot est peut être mal choisi... mais comment nommer cette intuition de l'ordre ?

Y : la logique commence avec la perception et la mémoire

X : cette connaissance a priori de la faculté de rangement

X : la perception suppose un avant

Y : le monde materiel basique est ordonné dans un sens

X : on ne percoit que ce qui est pré-arrangé
X : le monde matériel basique ??
X : Je ne suis pas sûr d'adhérer à cette notion

Y : prenons d'autres concepts autre que matériel et spatial... on voit bien quand on parle de sentiment qu'un territoire de sensation echappe en partie à la logique

X : Il y a en même temps un monde et une conscience du monde

X : On ne parle pas des memes couches de la logique... Le sentiment est une couche très élevée

Y : oui ok... mais l'ennui c'est qu'on a jamais croisé sur cette planete d'etre avec une perception désordonnée du monde... une conscience desordonnée du monde ... donc il est difficile de juger

X : justement ce que je veux dire... c'est que l'ordre apparent des choses est en nous

X : pour revenir au sentiment... il repose sur un mélange complexe des principes initiaux logiques et libidineux sans qu'on sache la proportion de chaque élément... plus des choses intermédiaires

Y : c'est pas faux... on pourrait dire que c'est la forme d'intelligence que l'evolution a devellopé.. ou qui a le mieux servi l'evolution... ou survécu à la compétition de l'évolution... ou forme de logique si tu preferes

X : j'aime les femmes belles... parce que la beauté est synonyme de santé, de plaisir, est-ce logique ou non ?

Y : c'est evolutivement optimal

X : yes... optimal... ben je mets l'optimalité dans le spectre de la logique

Y : l'optimalité c'est ce qui reste quand on a passé le peigne des périls

X : pour moi l'instinct est une couche basse de cablage entre la logique et la libido
X : l'optimalité peut résulter de deux approches différentes... soit je calcule l'optimum.... soit je tente tout jusqu'à ce qu'il ne reste que l'optimum... une démarche parfaitement logique ou une démarche parfaitement cahotique

Y : alors que je dirais que l'instinct est un cabable entre la libido et la mémoire experimentale de l'espece

X : c'est autour de ça que nous tournons avec cette opposition logique mémoire

Y : c'est la mémoire du gene qui fait la différence entre le choix cahotique et la démarche induite par l'instinct

X : sauf que l'homme de part sa conscience ne se contente pas

Y : mais avec cette liberté de passer outre l'instinct

X : d'être le jouet d'un instinct étrenné au cours des siècles

Y : notre instinct nous dit aussi de tatonner pour un meilleur optimal des que possible

X : il participe au jeu

Y : des que raisonnablement possible ^^... apres tout ils sont rares à chercher une meilleure vie en se jetant dans un cratere ^^

X : et même la mémoire du gene requiert un substrat logique ... l'explicabilité du monde pourrait être assimilé à ce que j'appelle logique

Y : le gene EST le subtrat logique

X : Non car le gène n'est mécaniquement qu'un assemblage

Y : apres on descend aux lois de la matiere

X : d'autres choses
X : yes les lois de la matière
X : elles-mêmes explicables... c'est là la logique fondamentale

Y : et eventuellement à notre compréhension/modelisation de ces lois

X : l'explicabilité... c'est une dimension radicalement différente de la libido

Y : c'est l'HYPOTHESE fondamentale : l'explicabilité

X : certes mais meme comme hypothèse elle nous révele... quelque chose sur l'homme...l'existence de cette hypothèse... sans elle... il n'y aurait pas d'homme... par une sorte d'argument ontologique car l'explicabilité n'est pas une nécessité de l'être c'en est une que pour l'homme

Y : c'est une necessité pour tout discours... l'explicabilité c'est le fondement de toute communication... sans hypothse d'explicabilité, pas animal social

X : bref cette hypothèse radicale d'explicabilité absolue c'est ce que j'appelle logique et que je mets au même niveau racinien que la libido

Y : c'est parce que l'évolution a choisi la cooperation entre individu de l'espece qu'elle a été obligé d'opter pour l'explicabilité

X : non comme un outil de la libido mais bien comme un principe fondamental de l'homme
X : l'explicabilité comme moyen ? ou comme cause ?... difficile de trancher

Y : yep... d'accord pour dualité libido /// autre chose

X : disons que l'explicabilité et l'homme sont nés en meme temps

Y : bon il faut que je file... my date timing... si elle me gonfle, je lui refais le fil de la conversation ^^
Par dwts - Publié dans : Delirium
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